Quand on n’a que l’amour
Le moribond est mort
ayant vécu sans exigences
il avait trouvé sa toison d’or
après une quête depuis l’enfance
Le voilà enterré aux îles Marquises
serrant la main de Paul Gauguin
Cette nuit d’automne, il prît sa valise
une cigarette aux lèvres, un dernier vin
“Je ne te quitte pas” avait-il dit
alors qu’il gréa son Askoy,
amarré au port du plat pays
entre les yachts de ces bourgeois.
lors d’un tout dernier repas.
Il prît Madeleine dans son bâteau
ouvra ses voiles et s’en alla
Les vents le prirent à quatre bras
le poussant en une valse à mille temps,
Il s’aveugla sur la vieille cathédrale
fredonnant la chanson des vieux amants
déjà vaguement loin derrière eux,
il se mit tout doucement à pleurer
les larmes tendres au coin des yeux
A toutes les Mariekes qu’il oublia
à tous ces copains vécu à Bruxelles
à toutes les flamandes et ces gens-là
Il cria adieu au nom de Jacques Brel !
Aramis
